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Accident mortel : l’entreprise est épluchée de la tête aux pieds

Nov 29, 2025 | 5 - Articles Routiers, Diaporama Acceuil | 0 commentaires

By franck.D

SUDROUTE rappelle aux » chauffeurs qui fraudent » qu’ils mettent en danger l’avenir de la société et de tout leurs collègues de travail.

SUDROUTE ne cautionne pas les voyous, n’est défendable que ce sui est défendable.

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Le chauffeur meurt brûlé dans son camion sur l’A41, son patron devant la justice : « Il était là pour gagner sa vie pas pour la perdre »

Le 8 août 2022, un chauffeur routier avait perdu la vie sur l’autoroute A41 après une perte de contrôle. Ce mardi 25 novembre, le directeur de la société de transport était renvoyé pour homicide involontaire devant le tribunal judiciaire d’Annecy.
K.B. – 25 nov. 2025 à 21:29 | mis à jour le 25 nov. 2025 à 21:37 – Temps de lecture : 4 min
Le chauffeur routier s’était retrouvé prisonnier de la cabine du camion en feu.  Photo DR
Le chauffeur routier s’était retrouvé prisonnier de la cabine du camion en feu.  Photo DR

 

Dans les premières heures qui ont suivi le drame sur l’A41 dans le sens Chambéry- Genève, à hauteur d’Annecy (Seynod), ce 8 août 2022, vers 14 heures, il a d’abord été question d’un accident mortel. Il faisait état d’un chauffeur routier qui avait perdu le contrôle de son ensemble après l’éclatement d’un pneu. Le camion était parti en portefeuille, avait arraché, en deux secondes, 38 mètres de glissière de sécurité, avant de se coucher sur le flanc. Le chauffeur routier, prisonnier des flammes, avait péri dans la cabine.

Des hurlements de douleur

Malgré ses appels à l’aide déchirants, il n’avait pas pu être secouru par les témoins. Dans les oreilles des automobilistes, encore hantés aujourd’hui « par les mains et les bras du chauffeur qui battaient l’air depuis les fenêtres de la cabine, espérant qu’on vienne l’extirper de ce brasier, résonnent encore ses hurlements de douleur. Ce jour-là, c’est toute une famille qui s’est embrasée », martèle Me Pereira. Une famille anéantie par la disparition du quadragénaire, un « être solaire, un véritable bout en train ».

Ce chauffeur routier de profession avait repris la route depuis quelques mois seulement après s’être mis en retrait pour construire sa maison. Parce que la maçonnerie avait pris du retard, il avait signé un CDD en juillet 2022, qui devait se terminer en septembre 2022. « Avec sa disparition, il laisse une jeune veuve, seule, face au chantier d’une maison en ruine. »

Tout de suite après l’accident mortel, une enquête est ouverte pour rechercher les causes de la mort. L’ensemble routier est identifié comme appartenant à une entreprise du secteur. Une information judiciaire est ouverte en 2022, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et l’inspection du travail sont mises dans la boucle. Tout est passé au crible : entretien des véhicules, temps de conduite, etc. Il ressort de l’autopsie que le décès est subordonné à l’incendie et que la perte de contrôle est due à l’éclatement d’un pneu.

« Je suis responsable mais je ne reconnais pas l’homicide involontaire »

Le 11 juin 2024, le directeur de la société de transport * qui employait, au plus fort, 35 salariés, et disposait d’une flotte de 27 véhicules moteurs et 20 non-moteurs, est placé en garde à vue. Le 13 février 2025, il est mis en examen pour être confronté aux éléments révélés par l’expert. Ce mardi 25 novembre 2025, il était renvoyé devant le tribunal judiciaire d’Annecy pour homicide involontaire.

« La société n’était pas connue des services de l’État, peu d’accidents du travail sont à déplorer. Le patron est considéré par tous comme un bon pro, présent sur le terrain », rapporte la présidente.

Pourtant, il y a, dans la flotte, « ce véhicule un peu moins récent que les autres. Un camion qui servait de remplacement quand il y avait une commande en plus », explique le patron. Un camion qui présentait « une défaillance au niveau du freinage (36 % de freinage en moins), des problèmes sur l’ABS, une fuite d’air sur le compresseur… », s’était plaint un employé qui avait fini par présenter sa démission, car, avait-il dit, à son patron, « il était là pour gagner sa vie pas pour la perdre ».

 « La cause de l’accident n’était pas visible. Comment ignorer ce qui n’était pas visible ? »

« J’ai posé la question au contrôle technique, on m’a dit qu’il était bon pour tenir la route », oppose le directeur.

Il y a encore « ce pneu avant gauche, fortement usé à l’intérieur, avec de multiples entailles et craquelures », reprend la présidente, en citant l’expert. « Le camion était garé à Albertville, je ne l’avais pas sous les yeux tous les jours. » Le pneu droit n’était pas dans un meilleur état, il avait été recreusé pour prolonger la durée de vie du pneu. « C’est légal, à condition que ce soit fait par un professionnel, et que le pneu soit placé sur la remorque à l’arrière pour éviter les risques d’éclatement », continue la présidente. « J’ignorais cette réglementation », soutient le directeur.

Et il y a encore, « le contrôle technique de la remorque qui n’était pas à jour… Est-ce que vous reconnaissez votre responsabilité ? », interroge la présidente. « Je suis attaché au respect des règles de mon métier, j’étais respectueux de mes salariés. Je ne suis pas un patron vénal qui a essayé de faire des économies, en faisant fi de la sécurité, assure-t-il. Je suis responsable mais je ne reconnais pas l’homicide involontaire. La réglementation est complexe, elle évolue sans cesse, j’aurais dû être informé par ma fédération. »

Pour le procureur, le prévenu a « commis des fautes, il a manqué à ses obligations, au code de travail et au code de la route. Et ce sont, ces fautes qui ont entraîné la mort », dit-il avant de requérir huit mois de prison avec sursis simple.

« La formation de chauffeur prévoit que le conducteur fasse le tour du camion avant de prendre le volant, et de signaler au besoin, tout problème », oppose Me Asta Vola, pour la défense. « La cause de l’accident n’était pas visible. Comment ignorer ce qui n’était pas visible ? », interroge-t-il en demandant une relaxe.

La décision a été mise en délibéré au 16 décembre à 8 h 30.

(*) La société créée en 2014 a été placée en liquidation judiciaire en 2023, après des difficultés liées au Covid.

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